Au Sud de Toulouse, l’écologie festive et gourmande !

Se poser les bonnes questions, trouver les réponses et ne pas les garder pour soi. Regarder vers l’avenir, favoriser les bonnes pratiques et ne pas les garder pour soi. Voilà ce qui anime le territoire dont il est question. A 40km de Toulouse, au balcon des Pyrénées, un territoire plein de ressources et d’imagination se met au service de demain. Les enjeux environnementaux et la transition écologique et sociale sont au cœur des activités de l’association 3PA, du café associatif La Maison de la Terre et du futur Tiers-Lieux rural.

La recette pour l’avenir à 3PA

Penser, Parler, Partager et Agir (3PA), voilà un riche programme ! Depuis 2004, l’association sensibilise, éduque et forme aux enjeux environnementaux. Elle a installé ses bureaux, depuis un an environ, dans un ancien dortoir pour personnes handicapées. Fermé depuis 2004, le site de l’Association Les Jeunes Handicapés (AJH) a hébergé des personnes handicapées pendant presque 20 ans. D’un local de 100 m², l’équipe est passée à un bâtiment de 3000 m² à Lahage. D’abord impressionnée, elle a vite pris ses marques et laisse place à toutes ses envies et celles des habitants pour occuper le site.

Depuis, la semaine, c’est une vraie fourmilière ! Au jardin, sur les machines bois, dans les bureaux, dans la cantine, tout le monde se croise et donne vie au lieu.

48361517_2238825926141998_5983788225364230144_n

Parmi ses activités, l’association est connue, depuis 2017, pour son Ecole Européenne de la Transition Ecologique (ETRE) à destination des décrocheurs scolaires. Première du genre en Europe, elle permet à ces jeunes de découvrir des métiers d’avenir et d’apprendre des techniques en vue d’une future qualification et d’une orientation.

A travers des modules de formation de 2 jours à 2 ans, les jeunes se forment aux métiers verts, ces métiers de la transition écologique que le marché de l’emploi voit déjà fleurir et qui devraient se multiplier et se diversifier dans les années à venir. Le maraîchage en agriculture biologique, les métiers du bois, les espaces verts et les espaces naturels, l’animation nature, la maçonnerie écologique, les métiers de l’économie circulaire sont autant de possibilités pour envisager une insertion professionnelle de ces jeunes sortis du système scolaire sans diplôme. Question diplôme, l’ETRE propose un CAP Menuiserie durant lequel l’atelier bois accueille les commandes de particuliers ou de collectivités pour des meubles, des armoires, des tables confectionnées par les apprentis du CAP.

27750332_1815409518483643_6428895785777543769_n

La construction de ce petit éco-système a pris du temps. Depuis 15 ans, l’association 3PA sensibilise le grand public à la transition écologique par de petites formes ou de grands chantiers. Et rien de mieux que d’apprendre en faisant… alors elle accueille régulièrement du public pour se former au jardin et à la botanique par des formations courtes (apprendre à faire des boutures, taille des arbres fruitiers, fabrication de gîtes pour chauve-souris). Les enfants et les scolaires ont leur programme aussi avec des ateliers et des animations. Pendant les vacances scolaires, les jeunes peuvent participer aux chantiers d’éco-construction. Sur place, on trouve un hôtel à insectes, un grouilloscope, une spirale de plantes aromatiques, une mini-ferme… voilà qui est déjà amusant !

L’association 3PA n’a pas de frontière. Elle a réuni 30 jeunes en juillet dernier venus de France, République Tchèque, Grèce, Algérie, Espagne et Allemagne pour un chantier européen.

CROQUE, la cantine anti-gaspi

Du jardin où l’on apprend les bases de l’agriculture biologique, à la cuisine où l’on apprend à cuisiner fruits et légumes, la formation est complète.

En plus des productions au jardin, c’est avec les invendus des maraîchers et des magasins bio du coin que la cantine CROQUE (Cantine Rurale Originale de Qualité Unique et Écologique) innove dans ses cuisines. Depuis février 2019, lancement officiel de la cantine, une équipe bénévole accompagne les jeunes en cuisine. Ce sont les « Mamie’Croque », comme elles se surnomment. Ensemble, ils confectionnent entre 30 et 35 repas pour le jeudi midi. Ce jour-là, le repas plat-dessert est à 2,50€ pour les jeunes et 5€ pour les salariés de 3PA, afin d’équilibrer les dépenses en denrées supplémentaires (pâtes, riz, lait ou œufs) et les frais de déplacement occasionnés.

51904301_2337452922945964_4733105160497135616_n

Dès le départ, l’idée était d’apprendre à travailler ces produits frais et à changer les habitudes alimentaires des jeunes accueillis en formation. Constatant la malbouffe de ces derniers, l’association a décidé d’agir et de leur apprendre à se questionner sur leur alimentation et le gaspillage. « Et ça a fonctionné de suite », précise Déborah, salariée en charge de la coordination du projet Croque. Pour ces jeunes qui n’ont parfois jamais goûté de brocolis, de chou-fleur ou de panais, Croque a remporté un franc succès qui remplit Déborah d’enthousiasme ! Les jeunes sont demandeurs, ils veulent apprendre à cuisiner ces produits et à les apprécier.

En plus, comme les quantités récupérées sont très importantes, il reste de la matière pour faire des bocaux de conserves, compotes, tartinables, confitures qui rempliront prochainement les étales d’une épicerie solidaire en projet. Peut-être l’occasion d’un partenariat avec La Maison de la Terre, à Poucharramet, pour animer un Pôle Alimentation commun.

La Maison de la Terre, le café associatif de Poucharramet

La Maison de la Terre a une histoire qui en ferait rêver plus d’un. Une ancienne ferme à l’abandon gît au cœur du village. La Mairie prend les devants et s’engage. Elle rénove du sol au plafond le bâtiment, avec des techniques anciennes et écologiques, pour donner une allure chaleureuse en gardant le charme ancien des galets aux murs et au sol, typique de la région. Puis elle lance un appel à projets et choisit celui d’un café associatif et culturel porté par 3PA, pour faire vivre le village. Enfin, place aux activités avec un soutien toujours affirmé de la municipalité.

IMG_5260

Spectacles, expo, concerts, projections et conférences le vendredi et samedi soir. Petite restauration et bar ces mêmes soirs avec des produits bio et locaux principalement. Le lieu prend vie en fin de semaine, dans la salle ou dans le jardin, depuis plus de 10 ans. Au fil du temps, une association « Maison de la terre » s’est créée pour gérer le lieu, autonome de 3PA. Évidemment, les liens avec l’association grande sœur restent très étroits.

La Maison de la Terre ponctue également l’année de temps forts et de festivals où les habitants se donnent rendez-vous. Festival de Blues en janvier, Festival de Jazz en avril, les Apéros Concerts Tapas tout l’été, Festivals de Choeurs en septembre, ou encore le fameux et très populaire Festival AgitaTerre en juillet, co-organisé avec 3PA.

52612830_1012879292246758_2122717801419374592_n

Le premier week-end de juillet, la place de l’église se transforme pour tourner les projecteurs sur les alternatives durables et locales. L’année dernière, « les communs » était le thème central, cette année ce sera « de l’arbre au bois ». Marie et Fanny préparent le programme, mais on sait déjà que l’on y découvrira des expositions de créations, des sculptures en bois, des animations, un grand marché artisanal et de producteurs locaux, des conférences, des stands associatifs, des spectacles de rue et qu’on fera la fête autour d’un concert. En amont, certains vendredis sont dédiés à la thématique de l’année à travers des cafés-débats et des projections.

La Maison de la Terre, c’est le café de tous. Marine, salariée du café, développe les partenariats locaux pour ouvrir le lieu aux autres associations du village, aux entreprises, et à l’école. Toujours en lien avec l’association 3PA, il se murmure qu’une épicerie pourrait voir le jour. Affaire à suivre…

Un tiers-lieu rural pour des initiatives locales

Pour compléter ce paysage dynamique tourné vers le partage, la rencontre et les enjeux environnementaux, un tiers-lieu est en cours de construction !

Un Tiers-Lieu ? Pour rappel, c’est le sociologue américain Ray Oldenburg en 1989, qui parlait de « Third Place » (comprenez « Lieu Tiers ») pour désigner tout lieu autre que la maison ou le travail, où se rencontrent des gens qui n’avaient pas vocation à le faire. C’est là l’origine de la notion tiers-lieux. Très largement reprise depuis, elle connaît un important essor ces dernières années, notamment en France. Les Tiers-Lieux sont devenus objets de réflexion, de développement du territoire ou de création de nouveaux métiers (ex : facilitateurs). Et ont pris des formes variées tels que des cafés associatifs, des librairies ou encore des espaces de coworking. Ils représentent une multitudes de formes possibles ce qui produit alors autant de définitions possibles. Les tiers-lieux n’ont donc ni frontière, ni forme unique. Le seul point commun des tiers-lieux est qu’il est un lieu où se rencontrent différentes personnes aux savoirs hétérogènes.

Après avoir constaté que les centres bourgs se vident, que les villages périurbains deviennent uniquement dortoirs, que les lieux de rencontre se font rares, les tiers-lieux semblent être une solution pour redynamiser les territoires ruraux. De plus, lieux de rencontre et d’activités économiques, ils sont de vrais arguments pour conquérir de nouveaux habitants. Capter les entrepreneurs locaux, animer le territoire, mixer les publics, donner une place et faire résonner les initiatives locales… le potentiel est infini.

C’est là que 3PA a tout compris. Antoine, salarié de l’association, a cette envie depuis longtemps de créer un tiers-lieu rural. Il y met toute son énergie et sa passion. La réhabilitation et la transformation des 3000 m² du bâtiment offrent beaucoup de possibilités.

49933773_138526877167083_5532788172007699042_n

Alors, il imagine les usages de chaque partie du bâtiment selon des points techniques (arrivée d’eau, accès à l’extérieur, etc.) et tente de créer un terreau fertile aux envies les plus folles et les plus vitales du territoire.

« Le but est vraiment que chaque personne vienne avec un projet et le mette en place dans ce tiers-lieu. Il faut que les personnes se saisissent du bâtiment, viennent l’appréhender pour mieux le comprendre et rencontrer les personnes qui l’occupent déjà » Antoine, facilitateur du tiers-lieu.

On peut tout imaginer, il y a de l’espace pour toutes les idées. Une partie du bâtiment est déjà occupée par des bureaux administratifs auxquels peut se joindre un espace de travail partagé à l’avenir. La partie cuisine pourrait s’étendre encore, les anciens dortoirs pourraient devenir des logements privatifs et/ou des hébergements pendant les temps de formation, une autre encore un espace de la résidence de musiciens s’envisage dans une partie indépendante du bâtiment.

« Il y a des profs de musique sur le territoire qui manquent de temps pour un tel projet, mais qui ont l’expérience et les contacts dans le domaine, et il y a des musiciens très intéressés par cet espace disponible et ce projet, alors il faut maintenant les faire travailler ensemble pour que chacun apporte à l’autre ». Antoine

La transition écologique ne concerne pas que les pouvoirs publics, ni les combats d’associations et de collectifs, elle nous concerne tous. Et c’est seulement la jonction des pratiques quotidiennes de chacun, de nos orientations de vie professionnelle et du combat militant qui permettra les bonnes décisions des pouvoirs publics à qui il faut montrer l’exemple, semble-t-il. Dans certains territoires, on s’engage depuis des années déjà et on partage ses expériences et ses idées. On apprend de chacun. On crée ensemble. Un café associatif dans un village. Une association qui se déploie et grandit sans cesse. On imagine aussi. Un lieu qui donnerait la place à tous pour l’expression de tous vers un demain plus engageant. Et on agit !

Pour aller plus loin :

https://www.3paformation.fr/

https://www.ecole-transition.eu

https://www.lamaisondelaterre.fr/

https://www.facebook.com/AgitaTerre/

Pour connaître des lieux qui se définissent comme Tiers-Lieux :

https://cestpasdesideesenlair.com/2017/10/02/les-usines-nouvelles-une-friche-devenue-tiers-espace/

https://cestpasdesideesenlair.com/2017/11/08/interview-cela-le-laboratoire-dinitiatives-locales/

Suivez aussi notre actualité sur Facebook : https://www.facebook.com/cestpasdesideesenlair/

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :