Une ferme solidaire dans Toulouse

On est tout proche du centre-ville de Toulouse et pourtant les arbres remplacent les grands bâtiments, le bruit des transports se substituent aux chants des oiseaux, le calme efface l’effervescence de la ville. Nous sommes dans une bulle, une pause dans le temps et l’espace. Au fond d’une rue d’habitations, au départ d’un sentier de balade, on est à la Ferme Habitat Solidaire, chemin du Manel.

L’endroit est parfait pour se ressourcer. Le bois des chalets, la fraîcheur de la végétation et la tranquillité des animaux donnent une atmosphère et un charme singulier. On ralentit et on se rencontre. Pour quelques jours ou plusieurs mois, chaque personne accueillie devient un habitant et prend possession du lieu.

Autogestion à la ferme

Lorsque Raphaël hérite d’un terrain vierge sur le chemin du Manel, il rencontre Thierry et son chien Orso, dans les bois qui avoisinent ce terrain. Ils discutent et apprennent à se connaître, puis font un projet ensemble : construire des chalets en bois pour accueillir des sans-abris. Raphaël réalise son rêve d’une ferme pédagogique et de partager son amour des animaux. Quant à Thierry, il met au service du projet ses compétences techniques. En 2011, l’idée devient réalité !

Raphaël, l’équipe de la Ferme constituée uniquement de bénévoles et Thierry, avec l’aide de voisins et d’amis, montent sept chalets importés de Finlande. Ils créent et fabriquent ensuite les aménagements intérieurs. Aujourd’hui, un grand chalet tient place de salle commune, entouré de six chalets en bois plus petits qui sont les habitations privatives et individuelles, louées 450€ par mois. Si certains n’ont pas de revenu, alors ils travaillent à la ferme en échange du logement. Chacun dispose d’une habitation privée dans laquelle il est chez lui. Dans le grand chalet, on se réunit et on partage les repas et les infos.

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Pour une courte durée ou pour plusieurs mois, l’accueil est inconditionnel. Femmes, hommes, couples, avec ou sans chien, tout le monde est accepté, tant qu’il y a de la place et que l’on accepte les règles. La plupart du temps, les séjours sont limités dans le temps. On ne s’installe pas à la Ferme, on y fait une pause. La durée de trois mois est fixée au départ comme une période propice à la réflexion et l’action. On vient pour se reposer, souffler un bon coup, également stimuler ses envies, mobiliser ses énergies et faire un projet concret pour la suite : des études, un emploi, un voyage…

L’équipe de la Ferme apporte son aide et son soutien du mieux qu’elle peut dans les projets de chacun et le fonctionnement du lieu. Ni l’équipe de la Ferme, ni Raphaël ne vivent à la Ferme pour laisser la vie collective et autogérée se créer vraiment. Ce sont aux habitants de se fixer des règles de vie, de s’accorder sur les repas communs, de s’intéresser aux emplois du temps de chacun. Certains s’occupent en permanence du lieu : nourrir et soigner les animaux, entretenir le potager, ranger, nettoyer, réparer. Raphaël, hyperactif et très dévoué dans ce projet, partage son savoir des animaux avec chaque habitant. Il propose des ateliers de médiation animale. Et si vous en doutiez encore, à la Ferme c’est une nouvelle preuve de ses bienfaits. Il apprend à prendre soin des animaux et donc à prendre soin de soi. Il apprend à dépasser ses peurs et à développer une confiance mutuelle entre l’humain et l’animal. Tous le disent, les résultats sont extraordinaires. A la Ferme, les habitants se sentent bien et approfondissent leurs savoirs, savoirs-faire et savoirs-être.

Jeu de cache-cache

Les sans-abris, les abîmés par la vie, les précaires, les instables… une terminologie foisonnante pour parler des autres. Pour parler de personnes pour qui la vie est semée de plus d’obstacles que d’autres. Ou qui n’ont pas les armes pour affronter ces obstacles. Pour certains, les difficultés ont commencé tôt, pour d’autres elles sont arrivées soudainement alors que rien ne le présageait. Un effet boule de neige qui fait tout dégringoler, accident de travail, perte d’emploi, divorce, dettes…

Dans la rue, aux feux rouges, sous une toile de tente ou sur un carton, on passe et on ne les regarde pas. Par mépris, par honte, par malaise ou par habitude. Ils font partie de notre paysage.

Dans la rue, on les rend invisibles, à la Ferme, ce sont eux qui veulent s’effacer et avoir l’air de voisins lambdas. Ne pas passer pour le squat de punk à chiens ou pour la maison des fous. Vivons cachés, vivons heureux ? Savant mélange entre anonymat et intégration au quartier…

Pourtant, beaucoup connaissent la Ferme, savent combien les bienfaits sont grands. Alors autant l’équipe bénévole, que les habitants de la Ferme, que les partenaires extérieurs se réjouissent de partager des moments ensemble. Les élèves de l’école profitent de la Ferme pour découvrir les animaux. Il en va de même pour l’Institut Médico-Educatif (IME) et l’Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique (ITEP) voisins. Alors les bénévoles et les habitants de la Ferme mettent tout leur cœur à faire découvrir leur lieu de vie, à travers des animations autour du bois, des ateliers avec les animaux, des jeux dans le grand chalet ou dans le bac à sable… Et là, on les regarde et on les admire. On se rend compte de leurs talents, de leurs savoirs, de leurs compétences et de leur générosité. Les habitants ont une place et donnent l’exemple. Cette partie de l’activité de la Ferme est donc primordiale tant elle redonne confiance en soi et valorise des personnes qui en ont un besoin immense.

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Sans aide publique, à la débrouille, la Ferme poursuit son chemin. Grâce à des partenariats et à la mutualisation de biens et de services, elle a déjà accueilli des centaines de personnes et ne cesse de recevoir des demandes auxquelles l’équipe bénévole prend le temps de répondre en rencontrant chaque personne. Les vies se croisent, les expériences s’échangent et les histoires avancent. En somme, une belle aventure qu’on a eu la chance de voir vivre le temps d’une journée !

Pour plus de détails sur : La Ferme Habitat Solidaire

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